BIG SHOOT – K. Kwahulé

 

Big shoot de Koffi Kwahulé : grande partie de chasse, tir ultime, le grand shoot, le grand assassinat.

Shoot : Tir, scion, tuer, fusiller, chasser, jaillir, assassiner.

Big Shoot, c’est l’histoire de confrontations.

C’est la confrontation entre deux personnages, le bourreau et sa victime ; une confrontation entre le metteur en scène et le comédien, une confrontation entre le comédien et le texte.

Big Shoot ce sont deux êtres qui s’affrontent.

Notre Big Shoot, c’est un seul être qui s’affronte dans un mouvement schizophrénique. Le Maître et l’Esclave d’Hegel, mais interprété par un seul comédien, réunis en un seul corps, sous un seul crâne : que faire du maître et de l’esclave lorsqu’on est seul ? Dominer, être dominé, se dominer

Big Shoot est un risque aux abords de la frontière de l’humain

C’est du funambulisme

C’est regarder le sol au bord du ravin

Pas ce sol sur lequel on tient, mais l’autre sol: celui bien bien bien loin en bas, invisible, sur lequel on jette des petits cailloux pour sonder la profondeur (au cas où, au cas où je tombe)

Prendre l’état brut du trouble psychotique, le simple fait de s’approprier deux paroles différentes pour n’en faire qu’une.

Travailler Big Shoot par et pour la déshumanisation, une notion empruntée à des personnages tragiques de ces auteurs lointains, Sénèque/Euripide/Sophocle/Eschyle…

L’écriture de Koffi Kwahulé est étonnante d’organicité. C’est finalement une évidence. Elle devient une obsession qui peut nous mettre KO, on voudrait tant la posséder , la maîtriser, elle  draine  toute notre énergie — et nous traverse le corps de long en large. Elle est féroce de vivacité.

 

Koffi Kwahulé
Mise en scène : Léo Ricordel
Avec : Benjamin Becasse Pannier

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